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SOINS DE PREMIÈRE LIGNE: PRÉFÉRENCES DES PATIENTS POUR DES DIÈTES TRÈS BASSES CALORIES (DTBC) VS DES DIÈTES BASSES CALORIES (DBC) Présenté au 9ème congrès international sur l'obésité du 24 au 29 août 2002, Sao Paulo (Brésil).
INTRODUCTION Parmi les options offertes pour traiter l’obésité, on retrouve les Diètes Basses Calories (DBC) et les Diètes Très Basses Calories (DTBC). De nombreuses études ont démontré les résultats à court et long terme de ce genre d’approche, suggérant que les deux types de diètes conduisent assurément vers une perte de poids, avec des résultats à long terme assez similaires. Il existe très peu de recherches comparant une large variété de différents types de diètes (tranches d’apport calorique) dans la même étude. Actuellement il n’y a pas de preuve évidente qui permette de recommander un type de diète plutôt qu’un autre. Par conséquent, le choix de diète, basé sur les préférences personnelles et les objectifs de perte de poids, pourrait incomber aux patients.. MÉTHODE SUJETS Les patients ont été classés en 4 groupes de poids à partir de l’IMC: 25-29.9, 30-34.9, 35-39.9, 40+. Le choix de diète a été fait par le patient après sa consultation avec le médecin, en tenant compte de la perte de poids escomptée et des avantages et des inconvénients de chaque diète. Les six choix de diète sont présentés dans le Tableau 1. Les options 2 et 4 n’ont pas été offertes aux hommes. Le poids et l’état psychologique des patients ont été évalués à différents moments, selon un plan établi prévoyant de 4 à 8 semaines entre chaque évaluation. La durée moyenne entre chaque évaluation était de 38 jours. Certains ont poursuivi leur traitement mais n’ont pas refait d’évaluation psychologique. Par conséquent, ce sous-groupe est compris dans l’analyse de changement de poids mais pas dans le changement psychologique. Tous les sujets ont été pesés et ont complété un questionnaire psycho-comportemental lors de l’évaluation de pré-traitement. On a demandé ensuite aux sujets d’être pesés régulièrement et de répéter l’évaluation psychologique une fois par mois. Le Larocque Obesity Questionnaire (LOQ) (Larocque et Stotland, 2000; Stotland et Larocque, 2001) a été utilisé pour mesurer la dépression, les réactions au stress ainsi que l’alimentation incontrôlée. On a également demandé aux patients quel était leur objectif de perte de poids, calculé en kilogrammes, et considéré comme un pourcentage de poids de départ. L’évaluation a été administrée via internet par l’intermédiaire de notre site web www.mla.ca. La dépression a été mesurée en 7 points qui ont su démontrer un niveau relativement élevé de consistance interne (alpha = .81). Les différents points évaluaient des sentiments tels que le désespoir, la tristesse, l’infériorité, l’inutilité et l’envie de pleurer. Les réactions au stress ont été mesurées en 6 points décrivant des symptômes variés communément associés au stress (par exemple, maux de tête, malaises gastro-intestinaux, difficultés de concentration, vertiges, tremblements, sueur abondante et fatigue inhabituelle). L’alimentation incontrôlée a été évaluée en 11 points mesurant une variété de comportements alimentaires tels que le fait de manger vite, de manger devant la télévision, de manger de manière impulsive, de manger sous le coup de l’émotion, de manger pour se relaxer et de manger des aliments sucrés ou gras. L’indice alpha était de .75.
Nous avons examiné les analyses de fréquence afin de comparer les préférences pour les diètes en fonction des groupes d’âge et d’IMC. Les groupes correspondant à une diète différente ont été comparés par rapport à la fréquence d’abandon pendant la phase initiale de traitement. Les différents groupes de diète ont été comparés en pré-traitement, au moyen de l’analyse de variance (ANOVA) en fonction de l’âge, l’IMC, la dépression, le stress et les habitudes alimentaires. Les groupes ont été également comparés en fonction de la perte de poids à Temps 2 et Temps 3 (changement d’IMC, perte en kilogrammes, pourcentage de changement de poids corporel, kilogrammes perdus par jour). On a répété les mesures ANOVA afin d’évaluer le changement dans les variables psychologiques en fonction de la diète, du Temps (T1, T2, T3), et de la diète x interaction Temps.
RÉSULTATS
Choix de diète, Sexe et IMC Le Tableau 1 présente les préférences des patients pour un type de diète en fonction de leur sexe. Pour cette analyse, on a formé deux groupes de diètes les diètes de 1 à 3 dans la catégorie DTBC, et les diètes 4-6 dans la catégorie DBC. On peut constater que dans l’ensemble, le taux de sélection des DTBC et des DBC était identique chez les femmes et chez les hommes 63.4% des femmes et 57.7% des hommes ont choisi une DTBC. Les figures 1 et 2 présentent les pourcentages de sujets choisissant une DTBC vs une DBC selon le sexe et l’âge. L’ IMC semble être un facteur important dans le choix de la diète pour les hommes, pas pour les femmes. Parmi les sujets masculins, il existe une nette différence dans la fréquence de choix entre les groupes les plus minces (DTBC-50.0%) et les groupes les plus gros (DTBC-87.2%) ( Choix de diète et caractéristiques du patient en pré-traitement Le Tableau 2 présente les moyennes pour les groupes d’hommes et de femmes dans leur choix parmi les six différentes diètes. Parmi les variables on retrouvait l’âge, l’IMC, le stress, la dépression, l’alimentation incontrôlée et les objectifs de perte de poids. Que ce soit pour les hommes ou les femmes, le choix de la diète était fonction de l’IMC de départ, même si cela se ressentait davantage chez les hommes. Les femmes du Groupe 1 (500 calories) étaient de manière significative plus lourdes que celles des autres groupes, dans lesquels il n’y avait pas de différence. Chez les hommes, on a remarqué un schéma évident quant au poids plus les choix de diète étaient stricts, plus importants étaient les poids. De nouveau, ceci reflète la forte influence qu’a le poids sur le choix de diète des hommes. Des effets importants sur la diète ont été observés, pour les deux sexes, sur les objectifs de perte de poids, avec des sujets choisissant les diètes les plus faibles en calories et ayant les objectifs plus élevés. On n’a observé aucune différence significative entre les différentes diètes en ce qui a trait aux trois variables psychologiques. Choix de diète et taux d’abandon Le Tableau 3 présente le taux d’abandon pour chaque groupe de diète, calculé au moment de la deuxième évaluation, qui a eu lieu en moyenne 38 jours après le début du traitement. Durant cette période de 5 1/2 semaines, 18% des femmes et 16% des hommes abandonnèrent leur traitement. En plus, 5 à 10% des patients (en fonction du groupe de diète), considérés comme ayant abandonné, reprirent leur traitement plus tard (en moyenne près de 6 mois plus tard). Le taux d’abandon ne semble pas différer de manière significative selon le type de diète. Choix de diète et changement de poids L’effet des diètes sur le changement de poids a été étudié au cours des trois premières évaluations. Le Tableau 4 présente la moyenne de perte de poids entre les trois points d’évaluation. On a observé des résultats importants sur le changement de poids, que ce soit la perte en kilogrammes, la perte en pourcentage de poids corporel ou la perte de kilogrammes par jour. Les résultats étaient évidents de Temps 1 à Temps 2, de Temps 2 à Temps 3 et de Temps 1 à Temps 3. Il est évident que les trois groupes en DTBC ont perdu plus de poids que les groupes en DBC. Même si les résultats semblent encore plus remarquables chez les hommes, ils furent quelques peu atténués par la taille réduite de l’échantillon. Tous les résultats sur les femmes sont extrèmement significatifs (tous les p<.001). Choix de diète et changement psychologique On a répété les mesures ANOVA pour évaluer les changements dans les variables psychologiques au cours des trois points d’évaluation, en étudiant particulièrement les résultats sur le Groupe Diète, Temps et Goupe Diète x interaction Temps. Le Tableau 5 présente des moyennes pour les variables psychologiques à chaque point d’évaluation. Pour chacune des trois variables, on a observé de forts résultats Temps, indiquant que les sujets démontraient une amélioration importante et significative au cours du temps. Les contrastes dans le temps indiquent que le changement est intervenu de Temps 1 à Temps 2. Le changement de Temps 2 à Temps 3 n’est pas significatif. Le choix de la diète n’est pas un facteur déterminant dans le degré de changement psychologique. Tous les groupes ont semblé démontrer à peu près le même taux de changement.
CONCLUSIONS
TABLEAUX ET GRAPHIQUES Les tableaux et les graphiques de cette rechercche sont disponibles en anglais en format pdf en cliquant ici. REMERCIEMENTS Cette étude a été rendue possible grâce à la participation des cliniques Maurice Larocque et Associés. RÉSUMÉ Les patients qui ont choisi des options de diète distinctes n’avaient pas de différences notables dans les caractéristiques de pré-traitement. Les patients les plus gros, avec des objectifs de perte de poids plus élevés, ont eu tendance à choisir des diètes plus basses en calories. Tous les groupes de diète ont perdu des quantités de poids significatives, les DTBC provoquant une perte de poids plus rapide que les DBC. Tous les types de diètes ont été associés à des bénéfices similaires au niveau psychologique, comme le montrent la baisse des taux de dépression, réactions au stress et alimentation incontrôlée. Nous pensons qu’il n’y a pas de raison évidente de favoriser une diète plus qu’une autre. En fait, nous pensons qu’il est essentiel de soutenir les patients dans leur autonomie, en les aidant à faire un choix éclairé parmi les différentes options de diètes.
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